Catenay
La mémoire de la commune
Catenay est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie.
Au fil de l’histoire
Vers 1180, le seigneur Renaud de Castenai, donna au prieuré Saint-Lô de Rouen, le droit de patronage sur l'église Notre-Dame de Castenai, c'est-à-dire le droit de nommer les curés de la paroisse et tous les autres privilèges dont il pouvait jouir lui-même, avec les deux parts de dîmes, la grange et le presbytère. Cette donation fut faite avec l'assentiment de son frère Gautier de Castenai, qui à cette époque, bénéficiait de la cure et avec l'approbation de monseigneur Rotrou de Warwick, archevêque de Rouen, qui la ratifia par une charte de confirmation.
Un domaine seigneurial émergea de ce cadre religieux sans s'y superposer. Appartenant à ce même Renaud de Castenai au XIIe siècle, puis à ses descendants au début du XIIIe siècle, il fut sans que la date soit connue, en partie rattaché à la seigneurie de Blainville et en partie à celle de Fontaine-Châtel. Catenay n'eut donc pas de seigneurs particuliers mais dépendit de plus vastes ensembles seigneuriaux.
Une nouvelle église Notre-Dame fut édifiée à la fin du XVe siècle.
L'existence d'une école, réservée aux garçons et tenue par le curé, fut attestée pour la première fois en 1715 lors de la visite pastorale de monseigneur Claude-Maur d'Aubigné, archevêque de Rouen.
Le décret du 14 décembre 1789 de l'Assemblée nationale constituante créa 44000 municipalités en France, sur le territoire de chaque paroisse, ville, bourg ou communauté de campagne. Catenay devint une municipalité. La première élection municipale eut lieu au début de l'année 1790.
Le décret du 10 brumaire an II (31 octobre 1793) de la Convention nationale attribua à toutes les municipalités, qu'elles aient été nommées ville, bourg ou village, le nom de « commune », dans une intention d'égalisation.
L'inauguration de la mairie-école eut lieu en 1860. La construction fut entièrement financée par le legs de Jacques-Philippe Guillard, ancien maire de la commune, décédé en 1854. La mairie-école a été édifiée à l'emplacement de sa maison qui fut détruite, ce qui explique sa localisation à l'entrée du village.
La nouvelle église Notre-Dame, qui sera plus tard dédiée à saint Clair, fut construite de 1876 à 1878 à l'emplacement de l'ancienne église en ruine.
L'électrification du village fut réalisée en 1926.
Dans les années 1930, la commune comptait une dizaine d'exploitations agricoles, trois commerces (deux cafés-épiceries et une épicerie) et plusieurs artisans (un charron, un coiffeur, un cordonnier et un menuisier).
La Seconde Guerre mondiale débuta en septembre 1939. En mai 1940, après avoir vu passer et affluer des réfugiés, nombre d'habitants prirent avec eux les chemins de l'exode dans un climat de panique jusqu'à ce que les unités allemandes, des chars arrivant à travers champs par l'Épinay (hameau de Saint-Aignan-sur-Ry), traversèrent Catenay le 8 juin 1940. En août 1944, des mouvements de troupes allemandes en tous sens firent craindre le pire jusqu'à ce que les premières unités de la 4e Division blindée canadienne, arrivant par Blainville-Crevon le 31 août 1944, traversèrent la commune après le départ des derniers soldats allemands. Catenay était libéré.
Le dernier commerce de la commune, l'auberge des Trois Vallées, cessa son activité en 1981.
La salle polyvalente de la Châtaigneraie fut inaugurée le 5 mai 1990.
L'école élémentaire Jacques-Philippe-Guillard fut inaugurée le 25 mars 2000.
Les origines du nom
Le nom de la localité est attesté sous les formes Casteneit à la fin du XIIe siècle, Castenei au XIIIe siècle, Casteney au XIVe siècle, Castenay au XVe siècle, puis Catenay au XVIIIe siècle.
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale qui représente l'ancien normand castenei, équivalente de l'ancien français chastaignei, chastegnei (avant le XVIe siècle) « châtaigneraie » et qui correspond aux toponymes français Châtenoy, Châtenay. Les noms communs chastaignei, chastegnei sont issus du bas latin castanetum, le suffixe collectif -etum servant à désigner une plantation d'arbres appartenant à la même espèce, forme féminine -eta, devenue -aie : châtaigneraie, chênaie, hêtraie.
Remarque : la graphie de l'ancien suffixe -ei originelle a ensuite été réinterprétée en -ai, puis -ay, comme c'est souvent le cas.
Un patrimoine à découvrir
Église Saint-Clair (1876)
L'église de style néogothique est construite selon un plan en croix latine et orientée vers l'est. La façade ouest correspond au clocher. Il sert à la fois d'entrée et de porche au rez-de-chaussée, et de base à la flèche polygonale en ardoise.
Quatre bas-reliefs en albâtre datant de la fin du XVe siècle, classés à l'inventaire des monuments historiques en 1908, sont conservés dans l'église. Ils représentent l'Adoration des mages, l'Assomption, le Couronnement de la Vierge et l'Annonciation.
Avant la construction de l'église actuelle, plusieurs édifices se sont succédé. Une première église a été construite à la fin du XIIe siècle, avant d'être détruite et remplacée par un autre édifice en 1481. Son clocher fut édifié en 1486 et son chœur fut reconstruit en 1750. Étant à l'état de ruine au XIXe siècle, une nouvelle église est édifiée par l'architecte Delphir Isidore Marical entre 1876 et 1878 et fut bénie par monseigneur Henri de Bonnechose, archevêque de Rouen, le 15 mai 1878.
Saint Clair, prêtre bénédictin, naquit à Rochester en Angleterre vers 845 dans une famille noble. Il quitta l'Angleterre pour échapper à un mariage que sa famille voulut lui imposer. Il traversa la Manche et s'établit dans le Cotentin. Il fut ordonné prêtre à Coutances en 870 par l'évêque de la ville. Il mourut martyr à Saint-Clair-sur-Epte en 884, après avoir refusé d'épouser une femme, qui le fit décapiter par deux mercenaires. Saint Clair est fêté le 18 juillet.
Fête Saint-Clair en juillet.
Le paysage et le village
Catenay se situe à 9 km au sud de Buchy, à 20 km au nord-est de Rouen et à 120 km au nord-ouest de Paris. Au sud du territoire communal coule le Crevon, rivière de 16,6 km, qui prend sa source à Saint-Germain-des-Essourts et se jette dans l'Andelle à Vascoeuil. L'Andelle est un affluent de la Seine.
Le village se situe sur le plateau et regroupe la plupart des habitants. Un quart des habitants vivent au Clos Réjoui où 80 maisons ont été édifiées dans la vallée du Crevon depuis 1975. C'est le seul hameau de la commune si l'on excepte les écarts de Montlambert (château) et de Bourceville (ferme).
Les communes limitrophes sont .
